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Cher Hervé,

Aujourd'hui ce n'est pas au chanteur que je m'adresse mais à l'homme tout simplement (pour le chanteur tu trouveras des messages sur le livre d'or sous le nom de "jocelyne-77-seine et marne"). J'avais envie de te parler un peu de moi car, comme beaucoup de tes fans, je retrouve un peu de moi dans ton histoire.
J'intitulerai ma missive :

LETTRE OUVERTE A HERVE

J'ai maintenant 53ans. Tes chansons ont bercé mon adolescence et, comme tous, ma préférée a toujours été : "Capri c'est fini". Je te découvrais jeune chanteur et moi j'étais insouciante des choses de la vie : prise par mes études et ayant reçu une éducation stricte mais heureuse, contrairement à la tienne.

NON : c'est ma vie de femme qui a basculé et pour laquelle tout a "merdé" -(pardon pour l'expression, mais c'est le seul terme qui convient). A 23 ans je me suis retrouvée enceinte accidentellement et le père de mon fils m'a lachement "larguée" avant même sa naissance, refusant de le reconnaître et me jetant à la figure : "tu l'as fait exprès pour m'emmerder"-(dixit). C'est alors posé la question : le garder ou ne pas le garder? Mon ami me poussait à avorter car il n'en voulait pas ; moi je débutai ma carrière de jeune infirmière ; nous ne vivions pas "ENSEMBLE" et je savais que je devrais l'élever seule. De toute façon je répugnais à sacrifier un enfant : mon éducation me l'interdisait. Je devinais que mon père allait être furieux car il ne tolèrerait pas une naissance hors mariage (par la suite ce fut une source de conflits entre nous à maintes reprises). Alors ma décision fut prise : je le garderai, je m'en occuperai avec amour, je ne l'abandonnerai pas (à l'époque j'ignorais que toi même tu avais été abandonné par ta mère, je ne te connaissais qu'en tant que chanteur). Contrairement à ta maman, j'avais un bon travail mais j'ai eu du mal à joindre les deux bouts pour élever mon fils qui a maintenant 30 ans. Ce fut une lutte incessante pour payer les factures, le faire garder... mais au moins j'étais là pour lui. C'est un garçon adorable, aussi bien élevé que ceux des couples mariés. Nous avons une grande complicité. Il fait partie de la communauté Gay mais je ne l'en n'aime pas moins pour autant. Je l'ai su avant lui : il avait à peine 15ans quand mon coeur de mère l'a ressenti. Quand il me l'a avoué il y a un an je lui ai dit : "je le savais avant que tu ne t'en rendes compte". Il est tombé dans mes bras. Dans notre entourage personne ne le sait -(hormis ma meilleure amie), ni dans son travail. C'est notre secret (et celui de ses amis). Jamais je ne "violerai son "identité" car ma famille ne comprendrait pas. Ca ne regarde que lui. Comme toi c'est un lion : il est né le 23 juillet 1977.
Mais ce fut quand même 30 ans de galères car j'ai rencontré des problèmes dans mon travail et à cause de celui-ci j'ai fait 4 dépréssions. Moi aussi j'ai connu le grand trou noir et le vide du coeur. Les amis qui vous laissent tomber, les portes qui se ferment au nez ; devoir faire 200km aller-retour en pleine nuit pour trouver une oreille compatissante ; aucune épaule sur laquelle s'appuyer ; personne pour vous aider à sortir de l'ombre. Etre seule avec votre peine et votre chagrin. Désespérement seule! Alterner le rire avec les larmes.....Une seule chose m'a permis de ne pas sombrer : la présence de mon fils -(même petit il comprenait quand je n'allais pas bien). Pour lui je me suis battue. J'ai relevé la tête. Comme tu l'as si bien dit :"ne pas sombrer dans l'alcool et la dépression". Pourtant la dépression m'a collé à la peau de longues années. Avec des intermèdes de joie, puis : "pof!" je replongeais car un nouveau problème se présentait. Mais, même déprimée, j'ai toujours serré les dents pour que mon fils n'en patisse pas.
Comme toi je n'ai jammais connu le bonheur -(selon un article de 2003 :"un chanteur heureux mais pas l'homme"). Ma vie sentimentale a été un véritable gachis. Je me retrouve tellement dans tes chansons! Elles me collent à la peau comme un gant ! J'ai aimé.....sans être aimée. J'ai aimé passionément mais "l'AMOUR N 'A PAS VOULU DE MOI". Jamais!! Les ruptures, les adieux, les réconciliations et les abandons : ce fut mon lot quotidien.

Je n'ai eu qu'un seul amour
et j'ai gardé au fond du coeur toutes nos nuits d'amour,
mais ce fut la traversée du désert
et je voudrais pouvoir tout refaire.
il fut mon ange du matin
plus d'une fois je lui ai crié : reviens !
mais ce fut toujours en vain.
aujourd'hui je sais qu'il ne faut pas croire ni attendre demain.
amoureuse, malheureuse, je le fus
mais toujours j'ai été déçue.
il fut le dernier voyageur
au pays de mon coeur.

Mon fils a été mon seul bonheur. Maintenant je préfère la compagnie de.....? devines....mon chien !!!!!
C'est aussi ce que tu disais dans un ancien article. J'ai renoncé à toute vie amoureuse. Les bêtes sont plus fidèles que les hommes. Il y a 8ans -(au bord d'une nouvelle rupture)- j'ai adopté un petit cocker noir. Il avait été abandonné par ses maîtres. Il avait 2ans à ce moment là. Tellement malheureux qu'il n'aboyait pas -(abandonné dans un jardin pendant un mois alors que ses maîtres étaient partis en vacances). Alors j'ai reporté tout mon amour sur lui. Il pleurait quand je partais travailler. Pendant 4 mois je n'ai pas entendu le son de sa voix. Puis, petit à petit, il a repris confiance et maintenant c'est un grand "gueulard". Mais quel amour de chien ! avec ses grands yeux noirs ! Qui n'a pas eu de cocker ne sait pas ce que veut dire l'expression : "faire ses yeux de cocker"!

Il a l'air de toujours supplier. Je porte un amour incommensurable à ce chien car c'est grâce à lui que j'ai réussi à surmonter ma dernière rupture. Il partage tout : même mon lit ! -(mais dessus pas dedans sinon "beurk!" les poils).

Il adore les calins et moi j'ai une montagne de tendresse à lui donner. Toute la tendresse que les hommes m'ont refusé, c'est mon chien qui me l'apporte. Malheureusement je risque de le perdre du jour au lendemain car il a un cancer du colon-2è récidive- déjà 8 mois de sursis. Alors je vis chaque jour comme si demain n'existait pas. Il a un traitement. Pour l'instant il va bien. On ne dirait pas qu'il est malade. A 10 ans il est toujours aussi joueur. Il m'accueille le soir en frétillant la queue et en m'apportant un jouet. Chaque jour je guette ses yeux pour voir si une lueur de souffrance n'y apparait pas et chaque jour je dis : "Merci mon Dieu, il est encore en vie!" Alors je l'embrasse très fort et je le serre dans mes bras, jusqu'au jour où......

Pourquoi me diras-tu est-ce que je te raconte tout çà ? Tu ne me connais pas. Parce que , sur ton site internet, j'ai vu qu'un jour une de tes fans t'avait écrit par l'intermédiaire d'un journal et j'ai ressenti le besoin d'en faire autant. Un besoin viscéral.
Jusqu'à maintenant tu n'étais qu'Hervé Vilard le chanteur que d'admirais tant ; dont les chansons ont bercé mon adolescence ; mais aussi celui dont les chansons ont chaviré mon coeur de femme. A femme amoureuse : chanson heureuse, à femme délaissée : chanson désespérée. J'avais toujours un disque de toi à portée de la main et chaque fois que j'avais le cafard j'écoutais en boucle Capri c'est fini car pour moi à chaque histoire d'amour çà a été fini. Bien sûr je connais tes autres chansons et j'ai mes préférées selon mon état d'âme : les anges du matin, Nous, Reviens, Ensemble, Méditéranéenne, Fa-fa-fa et plus récement l'écharpe ou le clown. Moi aussi je me disais : "DOIS JE MOURIR OU VIVRE?" Mais de toi je ne savais plus rien. Je ne savais pas ce que tu étais devenu. On ne parlait pas de toi à la télévision et je ne lisais pas les journaux. J'étais prise dans mes problèmes. Et un beau jour j'ai entendu parler de ton livre : "L'âme seule". Ce fut un bouleversement. J'ai découvert le petit René. Je ne savais pas que tu avais autant souffert. Mon métier d'infirmière m'a appris à cotoyer la souffrance morale, physique, et la misère. Pour moi la souffrance morale est aussi importante que la souffrance physique. Souffrir c'est trop dur. Avoir mal c'est trop dur. IL faut avoir souffert soi même pour comprendre la souffrance des autres et j'ai été plus d'une fois de "l'autre côté de la barrière". Alors je me suis dit : "mais qu'est-ce qu'il devient Hervé?" Mon fils m'a appris à me servir d'internet. J'ai cherché et j'ai trouvé ton site. Que de découvertes j'ai fait sur toi!! -(bravo pour le prieuré). Comme le temps a passé vite! C'est incroyable! Les années filent et on ne s'en rend pas compte! Mon petit chanteur à la voix d'or était devenu un homme mûr -comme moi !. J'avais gardé dans ma tête le visage d'Hervé de mes 20ans. J'ai appris à reconnaitre les traits de l'homme que tu es devenu ; les rides qui t'ont marqué -(sans doute à cause des épreuves que tu as traversé (?)). Le regard pensif de l'émission de Cauet -(capté par l'oeil de la caméra), avec au fond des yeux un peu de tristesse (?). Mais pour tes fans revoilà Hervé avec ses yeux rieurs et son sourire charmeur ! Quel bonheur ! Et pour mes 53 ans ma copine m'a offert ton DVD. Comme je me suis régalée !! Scotchée devant ma télé à voir et entendre mon cher Hervé. Alors, tous mes soucis ce sont envolés ! La joie entre en moi et s'infiltre par tous les pores de ma peau. Mon cerveau entre en ébullition et je redeviens une gamine ! Tu chantes avec toujours autant d'ardeur et de ferveur. Te retrouver redonne un sens à ma vie qui s'enlise dans la monotonie : "boulot-métro-dodo". Mon travail que j'aimais tant ne m'ayant apporté que des désillusions et mes amours que des déceptions. La solitude : je connais. Mais à 53 ans j'essaie de devenir un peu plus philosophe. Quand je rentre le soir je retrouve mon petit cocon, mon chien et mon jardin -(tu te reconnais?).

Je me suis réinscrite sur la liste de tes fans. Je guette avec impatience tes prochaines émissions -(Sébastien et Drucker) et je ne tiens plus en place à la pensée d'aller te voir à l'Olympia. Mon premier concert ! Il n'est jamais trop tard pour bien faire ! Mon rêve le plus cher serait de pouvoir t'approcher lors du concert du samedi 26 mai, mais il y aura tant de monde ! -(j'ai vu les photos d'OLympia 2003 : quelle foule pour les dédicaces ! et quel courage à toi d'accepter de faire plaisir à tes fans après la fatigue du concert ! -(j'ai demandé des photos dédicacées sur le site, j'espère que je les recevrai : mais ça me plairait encore davantage de réussir à en obtenir une directement ce soir là). -(un indice : je serais rangée 18, place 24 et je serai celle qui t'applaudira le plus fort!).

C'est avec beaucoup d'émotion que je termine ma lettre. Pardon d'avoir été si longue mais j'ai toujours aimé "coucher mes idées sur le papier". Ce n'est pas pour rien que mon nom de famille est DUMAS.

Même si de l'écrivain je ne suis pas de la lignée.
De quelques uns de ses gênes peut-être ai-je hérité !

J'espère que cette lettre te parviendra.

Comme tous tes autres fans : je n'attends pas de réponse. (Quoiqu'au plus profond de mon coeur il y aura toujours l'espoir d'un petit mot, juste pour me dire : "ok je l'ai bien reçue").

En attendant je te souhaite bonne chance et bonne continuation.

Que toujours tu nous emplisse le coeur
Et que grâce à toi plus personne ne pleure ;

Je me permets de te faire un gros bisou.


Jocelyne